
C’est un 4 février 1959, année où Cuba venait de gagner sa révolution, que naît à Bafoulabé (Mali) le futur docteur Oumar Mariko.
Étudiant, il s’est battu en 91 contre le pouvoir dictatorial de Moussa Traoré, responsable du coup d’État contre le père légitime de l’indépendance malienne, Modibo Keita. C’est grâce à lui et à ses camarades de lutte, au prix d’une répression féroce faisant de nombreux morts et blessés, que le pouvoir mis en place par la France tombera un 26 mars 1991. C’est après ces événements qu’il devient médecin généraliste – d’où le titre de docteur.
En 1996, le Mali manquant d’un fort parti populaire marqué à gauche, il créera avec d’autres le parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance). Le parti, ainsi que son et ses dirigeants, est panafricain et marxiste, avec des références à Lénine, Amilcar Cabral (qu’on surnomme le Lénine africain), Modibo Keita, Castro et des membres de la gauche radicale internationale comme l’ancien président du Venezuela Hugo Chávez.
Au nom de ce même parti du peuple, Oumar Mariko se présentera aux présidentielles à plusieurs reprises mais connaîtra un échec à cause de la corruption endémique. Il se battra par contre à l’Assemblée nationale en tant que député pour faire entendre la voix du peuple malien face à des élites corrompus.
Anti-Françafrique, il critiquera avec son parti l’opération Barkhane et le pillage organisé par la France. A la pointe de la contestation, le SADI sera l’une des composantes les plus actives des manifestations anti-IBK en 2020, menant à la destitution par coup d’État du président corrompu et la prise de pouvoir des militaires. Les raisons de la colère ? La situation catastrophique de l’économie, la guerre à rallonge dans le pays (pour laquelle le SADI demande une réunion entre tous les belligérants et la nécessité d’un accord) et la présence des troupes françaises.
Depuis, avec notre satisfaction la plus grande, l’armée française est enfin partie et la France commence à se faire envoyer promener par les pays africains voulant réellement l’indépendance. Est-ce à dire que les militaires maliens sont tout blanc ? Le SADI est autant critique des sanctions contre le Mali par la CEDEAO que des militaires maliens qui commettent des crimes avec l’aide de la milice Wagner. Mais critiquer les dirigeants ne veut pas dire pour Mariko vouloir le retour des français. Non, que le gouvernement français reste loin.
Le camarade Mariko, qui a déjà été emprisonné et soumis à l’exil plusieurs fois dans sa vie, a dû prendre la voie du départ à cause de menaces sur sa vie de la part des autorités, qui ne supportent pas la dénonciation de leurs erreurs et crimes. Rage qui doit être totale, si l’on pense qu’ils ne peuvent pas imputer à Mariko un sentiment de connivence avec l’impérialisme français.
Pour toutes ses raisons, Oumar Mariko est un exemple de lutte, de droiture, d’internationalisme et d’anti-impérialisme. Que vive le continent africain indépendant, la révolution populaire et sociale, et le communisme !
